Jeudi 15 octobre 2026 - 21:20
De l’emailing historique au RCS : l’expertise omnicanale de Christophe Thibot

Un parcours « full web » au service d’une double expertise
Pour Christophe Thibot, l’histoire d’amour avec le numérique ne date pas d'hier. Véritable technicien informatique multifacettes, il fait ses premiers pas dans l’univers internet dès 1994, “une époque pionnière où le réseau mondial se résumait encore à des pages HTML rudimentaires combinant textes et images”.
Après un passage formateur chez IBM, il s'oriente rapidement vers le web marketing au début des années 2000, participant activement à l'émergence de ce que l'on appelle aujourd'hui l'email marketing.
Cette longue trajectoire lui confère un profil rare et complet, à la croisée des chemins entre l'esthétique et la technique. « Mon métier peut se résumer ainsi : je suis à la fois graphiste et intégrateur web », explique-t-il.
Cette double casquette lui permet de maîtriser l'intégralité de la chaîne de production d'une campagne. Qu'il s'agisse de concevoir un design complet à partir d’un simple brief textuel sur Photoshop et Illustrator, d'encoder l'ensemble sous forme de kit HTML ou de reprendre un code déjà préparé par un client pour l’optimiser, son agilité lui permet de répondre à un spectre de demandes particulièrement large.
Les limites du "Do It Yourself" et la réalité des contraintes techniques
Avec la démocratisation des outils numériques, Christophe Thibot a vu ses pratiques évoluer, notamment avec l'essor des plateformes de création en autonomie (Do It Yourself).
Si ces solutions permettent aujourd'hui à chacun de monter des structures HTML simples de manière plutôt correcte, l'expert en souligne rapidement les limites.
Dès que le graphisme se fait plus ambitieux, le besoin d'un spécialiste redevient indispensable. « C’est très bien pour des choses simples, comme une structure carrée avec des blocs fixes, mais dès que l’on veut des boutons arrondis, des découpes spécifiques ou des éléments graphiques qui débordent sur le texte, les utilisateurs se retrouvent bloqués », constate-t-il.
Au-delà de l'esthétique, c'est l'environnement technique de l'emailing qui dicte sa complexité. Chaque client de messagerie (Gmail, Outlook, Apple Mail) possède ses propres règles d'interprétation du code, générant régulièrement des erreurs d'affichage frustrantes. L'utilisation d'emojis ou de GIFs animés requiert ainsi une vigilance de chaque instant.
“L'un des pièges majeurs pour les entreprises consiste à penser que le message s'affichera partout de la même façon sous prétexte qu'il est correct sur leur propre écran”.
L'intégrateur doit alors s'assurer que la campagne s'adapte à la diversité de la maturité technologique des destinataires.
L’âge mûr de l’emailing et l’émergence de l'omnicanalité
Face aux rumeurs cycliques annonçant la disparition de l'email marketing, Christophe Thibot oppose une réalité de terrain bien plus nuancée.
Bien qu'il reconnaisse une baisse d'efficacité, en particulier dans la prospection B2C en raison des durcissements réglementaires, il affirme que le canal reste incontournable :
« Cela fait plus de 15 ans que l'on répète que l'email va mourir, pourtant il est toujours là. Nous entrons simplement dans son âge mûr ».
Le défi actuel ne réside plus dans le volume, mais dans la pertinence de l'interaction pour éviter la saturation des boîtes de réception.
Pour enrichir ce dialogue entre les marques et les consommateurs, l'expert déploie également des campagnes SMS et observe une montée en puissance des technologies riches comme le RCS, notamment pour la conception de landing pages.
Conçu comme un pendant plus concentré de l'email, le RCS permet de capter l'attention d'audiences mobiles et pressées. Pour autant, l'email conserve une place de choix dans le mix marketing grâce au meilleur retour sur investissement du marché et à son accessibilité financière.
Selon Christophe Thibot, la clé du succès réside désormais dans une approche globale :
« La vraie problématique aujourd’hui, c’est d’utiliser de manière efficiente l’ensemble des canaux à disposition, sans saturer les consommateurs de trop de messages ».